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La nouvelle rubrique du
Chat !
Figurez-vous qu'en regardant la télévision, plus exactement la chaîne Planète Thalassa, sur la TNT, j'ai appris une chose étonnante... Aux "States", qu'on appela
longtemps les Amériques, on a trouvé un moyen génial pour recycler les anciennes rames du métro de New York. Débarassées de tout ce qui pourrait polluer, on les jette à la
mer. Je ne plaisante pas, d'ailleurs ai-je une tête à plaisanter ?
Etonnante image que celle de ces vieux wagons désossés,
carcasses pitoyables, entassées sur un porte-conteuner, partant pour leur dernier voyage au fond des océans. Le but : créer des récifs artificiels pour les habitants des
fonds marins.
Le miracle dans cette affaire, c'est qu'en très peu de temps,
ces vieux tas de ferraille, pardon de les appeler ainsi, enchevelés d'algues mouvantes, prennent une allure touchante, et même poétique.
Finies les vieilles épaves démodées... abandonnant les
galions, les galères, les goélettes, les Armadas invincibles où non, les Hollandais volants et plus près de nous les grands transatlantiques, les navires de guerre, les
sous-marins, mais aussi tous ces petits bateaux de pêche hantès par l'équipage... les poissons, à présent, vont prendre le métro. Un métro immobile dont les
habitants de la mer sont les seuls voyageurs... Quand tout ce petit monde leur grouillera autour et alentour et même à l'intérieur, les wagons ensevelis sous la mer, se
souviendront sans doute des heures de pointe « in the subway » !
Combien de vieux wagons, abandonnés des hommes, vont ainsi
partir pour leur dernier voyage ? Eux qui emmenaient peut-être le dimanche, les familles voir la mer, face à la baie d'Hudson... c'est bien leur tour, après
tout...
Les anciens wagons gris du métro de New york, vont partir en
vacances, sans billet de retour, loin des tunnels crasseux, des fureurs de la ville et des problèmes de couche d'ozone ... Pour ces nouveaux plongeurs, ni bouteilles, ni
scaphandre, comme au temps de jules Vernes... Ils vont connaître enfin la paix des profondeurs... quelle étrange destinée !
Personne ne saura jamais ce qu'ils pensent de cette idée
parfaitement technocratique. Qui sait ? certains ont, ou vont peut-être regretter leur vie trépidante d'avant, par la force de l'habitude ou le goût de voyages, même si ce
fut chaque jour le même en tout petit.
Les vieux wagons du métro de New York,
vont-ils emporter avec eux jusque dans les abysses, leurs souvenirs ? Garderont-ils au coeur les secrets des habitués de la rame 2222, par exemple, les serments des
amoureux, les rires des fêtards, le regard désenchanté des pauvres diables qui venaient se réchauffer l'hiver, dans leur murs d'acier... De Broadway, jusqu'au coeur de
Harlem, ces visages et ces voix, ouvriers, gens d'affaires, petits employés, flâneurs, touristes, chômeurs, clochards, drogués... seront-ils à jamais oubliés
?
Ces millions d'être humains rencontrés au cours d'une longue
vie sur le rail, vont être remplacés par des millions de poissons.
Devenus "Hotels des profondeurs", les
wagons gris ne rouleront plus... Inertes, mais parés d'algues multicolores, comme des guirlandes pour un Noël en toutes saisons, ils seront décorés d'anémones et autres
fleurs marines. Des méduses et quelques poissons fluorescents, éclaireront parfois la scène. Dans cette petite mort, ils vont revivre enfin et découvrir un monde qu'ils
n'auraient jamais imaginé connaître.
En tout cas, il paraît que c'est un
succès... la fréquentation des poissons dans les zones où l'on a jeté des wagons à la mer, a augmentée de quatre cent pour cent, de quoi faire rêver notre RATP... et...
les pêcheurs... Plus intéressant, des espèces qu'on ne voyaient plus dans les parages, s'y attardent et s'y reproduisent... il paraît même qu'il faut attendre des mois
pour recevoir ces étranges logements pour poissons sans domicile fixe, car beaucoup d'Etats que borde la mer, se sont mis sur la liste !
Pour conclure, vous me direz que les chats n'aiment pas
l'eau, et qu'il est bien étonnant qu'un tel sujet puisse m'intéresser. Mis à part le fait que je ne suis pas un chat ordinaire, je me permettrais de vous rappeler que mes
congénères adorent le poisson... à condition, bien sûr, qu'ils n'aient pas perdu leurs instincts primitifs, à force de domestication et de nourritures industrielles...
J'en connais quelques uns de ces chats irréductibles et non civilisables. Ils vivent en général, dans des contrées lointaines et ne craignent pas de se mettre les pattes
dans la rivière jusqu'au ventre, pour aller à la pêche. Par contre, je n'en connais pas qui aime la mer... Mais j'y pense ! dans ces wagons sous-marins, il y aura
certainement des poissons-chats !...
Merci à la journaliste, qui a fait ce petit bijou de
reportage pour Thalassa dans leur série des "Chemins du
littoral.".. passant là par hasard, j'ai reconnu sa voix et... sa poésie.
Chatleureusement votre,
Le Chat
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